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Journée mondiale du réfugié: il faut redoubler d'efforts pour protéger les déplacés internes
A l'occasion de la journée mondiale du réfugié,
IDP Action milite pour que l'attention se porte sur les personnes
déplacées à l'intérieur de leur propre pays
(PDI, IDPs en anglais), qui sont forcés de fuir leurs foyers,
mais qui sont prises au piège des frontières des Etats qui sont
les leurs. En Afrique, des millions de personnes sont abandonnées
aux limites de la vulnérabilité, en l'absence d'assistance coordonnée.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: il existe actuellement deux fois plus
de PDI dans un seul pays, le Soudan, que de réfugiés dans toute l'Afrique.
Il y a plus de PDI dans cinq pays africains réunis — un million en Algérie,
1,4 millions en République Démocratique du Congo, un million en Somalie,
dont 600 000 personnes déplacées pendant l'année 2007, 5,8 millions au Soudan,
et 1,3 millions en Ouganda — qu'il n'y a de réfugiés dans le reste du monde.
L'absence d'une réponse internationale adéquate au problème du
déplacement interne, plus aigu en Afrique que partout ailleurs,
signifie que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants restent à la merci
de ceux qui sont la cause de leur déplacement.
«Il y a plus de cinquante ans, la communauté internationale
s'est engagée à s'attaquer à la question du déplacement
de par les frontières en adoptant la Convention des Réfugiés
des Nations Unies. Il lui faut maintenant confronter un nouveau défi
tout aussi critique, celui du déplacement interne, et fournir le
même niveau de protection et d'assistance qui a sauvé et
amélioré les vies de tant de réfugiés»,
a déclaré Frank Smith, directeur des politiques et de la communication
d'IDP Action.
Alors que le nombre de réfugiés en Afrique a décru de 6% en 2007,
le nombre de PDI a continué à monter en flèche, à cause
notamment de nouvelles vagues de conflit au Soudan, en République
Démocratique du Congo et en Somalie. Beaucoup vivent au jour le jour,
dans l'insécurité et sans possibilité de subvenir à leurs besoins
les plus basiques, en attendant le jour où ils pourront rentrer chez eux.
Une personne déplacée qui vit dans un bidonville dans la banlieue de Kinshasa,
la capitale de la République Démocratique du Congo, a fait la déclaration
suivante à IDP Action en novembre 2007. Elle résume le sort de millions de personnes:
«Il est difficile de trouver de quoi manger, il est difficile de dormir,
la vie ici est très difficile. Mon enfant qui en est à sa troisième
année scolaire se fait continuellement chasser de sa classe parce que nous n'avons
pas d'argent pour les frais scolaires... C'est trop dur... Ils veulent même nous
chasser de cet endroit. Nos filles doivent recourir à la prostitution et tombent enceintes.»
Malgré le nombre croissant de PDI et les conditions terribles auxquelles
la plupart font face, il y a une lueur d'espoir: l'Union Africaine (UA) est en
train de discuter un projet de Convention sur la prévention des déplacements
internes et pour la protection et l'assistance des personnes déplacées internes
en Afrique. Si cette Convention est adoptée et mise en oeuvre correctement, elle pourra
avoir un effet sans précédent sur le bien-être des PDI en Afrique.
«La Convention sur les personnes déplacées de l'UA pourrait
représenter une percée majeure. Mais il y reste encore du travail
à faire pour que la Convention devienne un instrument efficace: certains
éléments du projet actuel sont flous ou incompatibles avec d'autres
engagements internationaux en matière de droits de l'homme, ce qui rendrait sa mise
en oeuvre par les gouvernements difficile. Un cadre juridiquement contraignant ferait
une énorme différence sur la question des personnes déplacées;
il est d'autant plus important et urgent que les Etats membres de l'UA agissent pour rendre
la Convention aussi forte que possible, et qu'ils s'engagent pleinement à remplacer
des intentions couchées sur papier par des actions tangibles pour améliorer
la vie des personnes déplacées», a conclu Frank Smith.
Complément d'information
IDP Action a développé, avec Amnistie Internationale, la Fédération
Internationale pour les Droits de l'Homme, Refugees International et l'Institut pour les Droits
Humains et le Développement en Afrique, des commentaires sur le projet de Convention sur
la prévention des déplacements internes et pour la protection et l'assistance des
personnes déplacées internes en Afrique. Ces commentaires détaillent les
éléments de la Convention qui doivent être révisés pour qu'elle
puisse devenir un accord véritablement efficace. La Convention devrait être adoptée
lors d'un sommet de l'UA au mois de novembre. Ces commentaires peuvent être obtenus en contactant
policy@idpaction.org.
Contacts
Londres: Frank Smith, +44 (0) 790 8900893
Amsterdam: Jeremy Smith, +31 (0) 20 6233218
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